Comment déclarer aux impôts quand on loue 2 appartements ?

Deux clés brillantes posees sur documents fiscaux blancs.

Louer deux appartements génère des revenus locatifs qui doivent être déclarés au fisc. Selon le montant total des loyers perçus, le propriétaire peut choisir entre le régime micro-foncier (simplifié) ou le régime réel (avec déduction des charges). Les règles fiscales s’appliquent à l’ensemble des biens loués, et non appartement par appartement, ce qui impose une stratégie globale adaptée à votre situation.

Bon à savoir

Aucune loi n’interdit de louer plusieurs logements simultanément en France, que vous soyez propriétaire-bailleur ou locataire de plusieurs appartements. En revanche, les conséquences fiscales diffèrent selon votre statut.

Déclarer les revenus locatifs de 2 appartements : les régimes d’imposition

Les loyers perçus sur vos deux appartements constituent des revenus fonciers, à déclarer chaque année à l’administration fiscale. Le choix du régime d’imposition dépend du montant total des loyers annuels perçus sur l’ensemble de vos biens en location nue.

Micro-foncier : conditions et limites pour plusieurs logements

Le régime micro-foncier s’applique automatiquement si vos revenus locatifs annuels ne dépassent pas 15 000 euros, tous logements confondus. Ce seuil inclut les loyers des deux appartements cumulés, charges non comprises. L’avantage principal réside dans sa simplicité : vous indiquez uniquement le montant brut des loyers sur votre déclaration 2042, et l’administration fiscale applique un abattement forfaitaire de 30 % pour tenir compte des charges.

Prenons un exemple concret : vous louez un premier appartement 550 euros par mois et un second 480 euros. Vos revenus annuels totalisent 12 360 euros. Avec l’abattement de 30 %, seuls 8 652 euros seront imposés dans votre tranche marginale d’imposition, auxquels s’ajoutent les prélèvements sociaux de 17,2 %.

Cette formule devient moins intéressante si vos charges réelles (travaux, intérêts d’emprunt, taxe foncière, assurances) dépassent 30 % de vos loyers. Dans ce cas, le régime réel permet de déduire davantage.

Régime réel : quand et pourquoi l’appliquer

Le régime réel s’impose au-delà du seuil de 15 000 euros de revenus locatifs annuels. Il peut aussi être choisi par option si vos charges dépassent 30 % des loyers, même sous ce seuil. Ce régime exige de remplir la déclaration 2044, plus détaillée, qui récapitule l’ensemble des recettes et des charges déductibles pour chaque bien.

Les charges déductibles incluent les intérêts d’emprunt immobilier, les frais de gestion locative, les primes d’assurance, la taxe foncière, les provisions pour charges de copropriété et les travaux d’entretien ou de réparation. En revanche, les travaux d’agrandissement ou de construction ne sont pas déductibles des revenus fonciers.

Si vos charges excèdent vos loyers, vous créez un déficit foncier imputable sur votre revenu global dans la limite de 10 700 euros par an. Le surplus se reporte sur les revenus fonciers des dix années suivantes. Cette mécanique peut être stratégique si vous réalisez des travaux importants sur l’un des deux appartements.

Peut-on choisir des régimes différents pour chaque appartement ?

La réponse est non. L’administration fiscale impose un choix unique pour l’ensemble de vos revenus fonciers issus de la location nue. Vous ne pouvez pas appliquer le micro-foncier sur un bien et le régime réel sur l’autre. Tous vos appartements loués vides relèvent du même régime d’imposition.

Si vous optez pour le régime réel alors que vos revenus sont inférieurs à 15 000 euros, cette option vous engage pour trois ans minimum. Impossible de revenir au micro-foncier avant ce délai, sauf si vos revenus dépassent le seuil durant cette période.

Cette règle d’unicité impose de calculer précisément vos charges globales avant de choisir. Par exemple, si un appartement génère peu de charges mais que le second nécessite des travaux déductibles conséquents, le régime réel peut s’avérer globalement plus avantageux.

Comment déclarer aux impôts : démarches et formulaires

La déclaration annuelle des revenus locatifs s’effectue au printemps, en même temps que votre déclaration de revenus. En régime micro-foncier, il suffit de reporter le total des loyers annuels encaissés dans la case 4BE de la déclaration 2042. L’administration calcule ensuite automatiquement l’abattement forfaitaire.

En régime réel, vous devez d’abord compléter la déclaration 2044, qui détaille pour chaque appartement les recettes perçues et les charges engagées. Le résultat net (bénéfice ou déficit) est ensuite reporté sur la déclaration 2042. Cette déclaration 2044 doit être déposée avant la date limite de la déclaration de revenus, généralement fin mai ou début juin selon votre département.

Conservez tous les justificatifs (factures de travaux, avis de taxe foncière, relevés bancaires des loyers) pendant au moins trois ans. En cas de contrôle fiscal, ces documents permettent de prouver la réalité des charges déduites.

Taxe d’habitation et 2 logements : qui paie quoi ?

La taxe d’habitation sur les résidences principales a été supprimée depuis le 1er janvier 2023. En revanche, elle reste due sur les résidences secondaires, qu’on soit propriétaire ou locataire. Si vous louez deux appartements en tant que locataire, un seul peut être considéré comme résidence principale et donc exonéré de taxe d’habitation. Le second logement sera considéré résidence secondaire et taxé, souvent avec une majoration pouvant atteindre 60 % dans les communes en zone tendue.

Pour les propriétaires bailleurs qui louent leurs deux appartements vides, la taxe d’habitation incombe aux locataires occupants au 1er janvier de l’année d’imposition. Le propriétaire paie la taxe foncière, tandis que le locataire paie la taxe d’habitation, sauf si le logement est sa résidence principale.

Attention

Un appartement vacant au 1er janvier reste imposable à la taxe d’habitation au nom du propriétaire s’il est meublé et disponible pour l’habitation. Un logement vide non meublé échappe à cette taxe.

Prélèvements sociaux et autres taxes à prévoir

Les revenus fonciers issus de la location de vos deux appartements sont soumis aux prélèvements sociaux de 17,2 %, quelle que soit votre tranche d’imposition. Ces prélèvements se décomposent en CSG (9,2 %), CRDS (0,5 %), prélèvement de solidarité (7,5 %). Ils s’appliquent sur le revenu net imposable après abattement en micro-foncier, ou après déduction des charges en régime réel.

La taxe foncière reste à votre charge en tant que propriétaire bailleur. Elle s’ajoute aux autres charges déductibles si vous avez opté pour le régime réel. Son montant varie selon la commune et la valeur locative cadastrale de chaque bien.

Si l’un de vos appartements se situe dans une zone tendue (liste fixée par décret), vous pouvez être soumis à la taxe sur les logements vacants si le bien reste inoccupé plus d’un an. Cette taxe peut s’élever jusqu’à 17 % de la valeur locative la deuxième année, puis 34 % les années suivantes.

Anticiper ces différentes taxes et prélèvements permet d’estimer la rentabilité nette réelle de vos investissements locatifs. Une simulation précise, intégrant l’ensemble des charges et impôts, aide à choisir le régime fiscal le plus adapté et à optimiser votre déclaration annuelle.